L’Open Data en 2011

Alors que l’impression que les événements et les publications autour de l’Open Data sont devenues pléthoriques vient se renforcer presque chaque jour, une récente communication de David Eaves à l’Open Data Camp de Varsovie a le mérite de synthétiser une partie des débats en cours.

Où en sommes-nous

L’intervention de David Eaves date du 20 octobre et commence par dresser un état des lieux des politiques d’Open Data. L’auteur recense ainsi plus de 50 portails Open Data à travers le monde, dont ceux du Kenya ou de l’Albanie et évoque une “véritable explosion” du phénomène Open Data en 2011, dont il relie l’origine à la curiosité croissante de certaines personnalités du monde politique, tout en faisant le distinguo entre curiosité et connaissance.
C’est un fait cependant que l’Open Data est désormais une notion admise dans les débats politiques et que la diversité des acteurs engagés et des projets actuellement développés – de nombreux exemples sont cités au cours de l’intervention, sont d’excellentes augures pour l’avenir.

Prenant acte de l’échec des démocraties classiques à anticiper et résoudre des situations de plus en plus complexes et citant l’exemple des mouvements contestataires du Tea Party ou des indignés comme révélateurs d’un échec des institutions à s’adapter à une nouvelle donne, David Eaves parle au nom des activistes de l’Open Data pour tenter de réaffirmer une nécessaire indépendance vis à vis des politiques et gouvernements tout en appelant à une collaboration lucide, consciente de nombreuses et inévitables tentatives de manipulation.

Ce qui reviendrait selon lui à répondre aux 3 principaux défis suivants :

  1. L’Open Data ne doit pas se cantonner à donner des objectifs de transparence dans la manipulation de données publiques mais bel et bien à servir à l’instauration d’une nouvelle gouvernance qui gèrerait le patrimoine “Data” avec la même rigueur que les autres infrastructures dont il a la responsabilité, routes, équipements, etc.
  2. A arrêter de comptabiliser avec satisfaction les nouveaux portails d’Open Data qui s’ouvrent chaque jour à travers le monde et à établir des standards, des structures de données permettant de fonctionner transversalement aux juridictions. C’est là le principal défi, qui permettra ou non à l’Open Data de se généraliser avant de s’imposer définitivement.
  3. A sensibiliser davantage les multinationales aux enjeux de l’Open Data et à les impliquer dans une dynamique win-win. Intégrer des grands groupes tels que Microsoft, Google et des ONG comme Oxfam ou l’Unesco donnerait au mouvement une taille critique qu’il n’a pas encore.

Je pense que l’Open Data est lancé et suis naturellement convaincu des bienfaits de la nécessaire alliance du public et du privé pour répondre à une multitude de besoins, et que cette alliance en plus d’être une mine d’or pour les entreprises qui sauront innover et se révéler d’une utilité inattendue pour les citoyens, peut valablement proposer des solutions évoluées à des systèmes de représentation et à des responsables politiques qui ne peuvent plus comprendre et répondre à eux seuls aux légitimes aspirations de leurs administrés.
Tout l’intérêt de l’article de David Eaves est de venir rappeler fort opportunément que nous en sommes à peine au point d’inflexion, c’est à-dire le point plus fragile, dans la construction d’un nouvel équilibre, et que le mouvement a tout intérêt à compter, rassembler et organiser ses forces pour vraiment exister.
Le mouvement de l’Open Data commence à rallier les suffrages de nombreuses personnes à travers le monde mais il est encore loin d’avoir gagné les batailles décisives capables d’en faire une réalité pour tous.
C’est une idée en marche qu’il faut standardiser et structurer sans cesser de la partager à tous les niveaux, dans tous les blogs, clubs, cénacles et rencontres, partout, tout le temps.

L’article paru sur le Blog de David Eaves et repris et traduit sur Owni.

www.datacatalogs.org

www.data-publica.com

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