Le Body Hacking, un phénomène nouveau

Body Hacking : Démarche volontaire visant à la transformation du corps humain, notamment « en lui enjoignant des composants artificiels dans le but de transformer son comportement naturel ». Ou quand des pans entiers de science-fiction commencent à devenir une réalité pas forcément sous contrôle.

Body Hacking

L’apparition d’objets technologiques dans les corps vivants n’est pas une révolution. Prothèses auditives, implants mammaires, lunettes et plasties ligamentaires font partie du quotidien de millions de personnes depuis belle lurette. Ce qui est nouveau c’est l’introduction d’une Culture du Hacking. Le Hacker étant à l’origine un terme réservé aux bidouilleurs de l’informatique habitués à aller fouiller dans le code ou le matériel pour en comprendre les fonctionnements profonds et les modifier dans un sens qui convient mieux à leur utilisation propre.
Le Body Hacking étend cette culture au corps humain. Et il se démarque des pratiques ancestrales par le souci d’utiliser la technique pour des changements fonctionnels et pas esthétiques.

On accourt sur Body Modification Ezine ou Feeling Waves pour s’échanger des trucs et astuces techno à s’implanter dans la peau, et notamment des implants électromagnétiques qui font un malheur. Des initiatives commerciales plus ou moins honnêtes voient le jour : Les idées d’interfaces hommes-machines et de produits destinés au grand public se multiplient. Certains casques audios se proposent de lire les états mentaux alors que d’autres permettent de « décoder les influx électriques du cerveau » ; Des appareils sont couplés à des applications mobiles ou services en ligne ouverts à tout le monde, sans médecins, sans cliniques et bien sûr sans trop de notions de Droit clairement applicables.

Body hacking : Pirater son corps et redéfinir l’’humain de Cyril Fiévet
Bienvenue en transhumanie : Sur l’homme de demain, de Geneviève Férone et Jean-Didier Vincent
Semailles humaines, de James Blish
et le très complet article paru dans The Verge : Cyborg America: inside the strange new world of basement body hackers 

2 réponses à “Le Body Hacking, un phénomène nouveau”

  1. Jasmine Lally dit :

    trouvé sur le site de l’artiste Français Lukas Zpira (www.hackingthefuture.org) – ça ne date pas d’hier :

    Créé à l’aube du 21ème siècle par Lukas Zpira, sous l’impulsion de Riyochi Maeda, le terme Body Hacktivisme est né de la nécessité de définir une mouvance d’artistes, de chercheurs et de penseurs travaillant autour des mutations et utilisant les modifications corporelles comme médium.
    Par opposition aux modernes primitifs qui travaillent sur des bases d’anthropologie tribale, les body hacktivistes pratiquent, théorisent et/ou inventent des modifications corporelles avant-gardistes et prospectives, influencées par la culture manga, la bande dessinée, les films et la littérature de science-fiction.
    Rendues possibles par une curiosité sans cesse en éveil de l’évolution des découvertes techno-médicales, ces pratiques, par essence expérimentales, sont définies comme Body Hacking, terme exprimant la volonté de ces artistes, chercheurs et penseurs de dépasser les frontières biologiques.
    Les termes Body Hacktiviste et Body Hacktivisme sous-entendent la nécessité d’action et de prise en main de nos destinées par la volonté perpétuelle de se réinventer.
    Le body hacktivisme n’inclue pas la nécessité d’être modifié.
    Toutes les personnes modifiées ne peuvent être considérées comme des body hacktivistes.
    Le body hacktivisme est également un questionnement sur la liberté de choix face à un nombre croissant d’options de transformations de notre humanité, et remet en cause la notion d’intérêt collectif dans ce choix auquel il oppose l’intérêt individuel. 
De facto, de nombreux artistes, chercheurs, penseurs, apparaissent comme body hacktivistes sans nécessairement le revendiquer.
    Les body hacktivistes ne peuvent que réfuter la validité de tous brevets ou copyright en rapport avec le corps, sa transformation, son devenir.
    Le body hacktivisme n’est pas un groupement et doit être avant tout perçu comme une philosophie et un état d’esprit auquel libre a chacun d’adhérer.

  2. Merci pour cette définition assez complète. Le terme est en effet pas nouveau et des artistes comme Lukas Zpira – que je ne connaissais pas, le vivent comme une réalité depuis assez longtemps.
    Ce qui est nouveau par contre, et c’est ce que j’ai essayé d’introduire dans ce billet, c’est le développement d’une culture qui était il n’y a pas si longtemps réservée à un cercle relativement réduit et qui commence aujourd’hui à toucher le grand public.
    Que les pionniers et avant-gardistes me pardonnent donc un titre un peu simplificateur.