Pour une Magna Carta numérique

Dans une récente tribune publiée par The Guardian en date du 12 mars, Sir Tim Berners Lee, reconnu comme étant l’inventeur du Web, milite ardemment pour la définition d’une Magna Carta du réseau, soit un standard international destiné à protéger l’indépendance du support et les droits de ses utilisateurs.

Inquiet des attaques répétées des divers gouvernements et multinationales enclins à façonner la toile à la forme de leurs besoins de puissance et de contrôle, le britannique estime nécessaire la promulgation de nouvelles règles capables de sauvegarder le caractère « ouvert et neutre » du réseau.

« Unless we have an open, neutral internet we can rely on without worrying about what’s happening at the back door, we can’t have open government, good democracy, good healthcare, connected communities and diversity of culture. It’s not naive to think we can have that, but it is naive to think we can just sit back and get it. »

Dictée par les nombreuses révélations concernant la NSA et la GCHQ, sa prise de position vigoureuse s’accompagne de la création d’un site, Web We Want, d’où il lance un appel pour la création de droits numériques dans chaque pays. amenée à être soutenue par différentes instances publiques, autorités et entreprises…

A l’instar de la Magna Carta Libertatum, la grande charte conçue en terres anglaises en 1215 et censée limiter les pouvoirs royaux, la nouvelle constitution numérique édicterait des droits numériques fondamentaux et inaliénables. Elle s’appuierait notamment sur des droits d’auteur révisés et une meilleure connaissance des technologies de la part de nos gouvernants.
Et permettrait de réduire l’omniprésence américaine sur le web, où par exemple, les adresses IP et les noms de domaine sont, aujourd’hui encore, gérés par une fondation qui dépend directement du ministère américain du commerce…