Post-vérité et démocratie

En 2016, la Post-vérité, le Brexit, l’élection de Trump ou les aberrantes primaires des partis en France, auront prouvé que les opinions urbaines, instruites et connectées, n’ont jamais semblé aussi loin et peser aussi peu face aux exigences du réel.

L’ANNÉE DE LA POST-VÉRITÉ

Pour le dictionnaire de l’université d’Oxford, la Post-vérité,  mot apparu en 1992 et qui a connu en 2016 une progression de 2 000 % par rapport à l’année précédente, désigne un temps où « les faits objectifs ont moins d’influence que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles pour modeler l’opinion publique ».

Il apparaît que ce mot résonne de la défaite d’une pensée dominante devenue incapable d’empêcher les gens d’aller voter en nombre contre Le Système et de parier sur le candidat le plus capable de fissurer toujours un peu plus les édifices branlants de démocraties bourgeoises.
Des gens qui ont à nouveau affirmé leurs faveurs pour le caractère apparemment Anti-Establishment des populismes d’extrême droite plutôt que pour les charmes enfouis des nostalgies d’extrême gauche, le non-sens démagogique aux promesses jamais comblées.

LA GLOSE ET LE PEUPLE

Faute de sujets d’importance à débattre – les grandes questions environnementales, éthiques, numériques, culturelles ou énergétiques ayant surtout été évitées, le peuple a continué tranquillement son œuvre de démolition, ignorant avec délices les plates morales politiciennes, les éditoriaux bien-pensants et les pensées-minute des médias.
Ceux-ci, savants compagnons de route du néant politique et relégués aux misères du Fact Checking et du décryptage, continuent d’être ignorants de la force d’un mouvement qui n’a qu’une idée en tête et qui marche calmement vers celle-ci : Tout renverser et en finir avec la rationalité des élites mondialisées et autocentrées, désespérément infoutues de penser pour le plus grand nombre.