Le Body Hacking, un phénomène nouveau

Body Hacking : Démarche volontaire visant à la transformation du corps humain, notamment « en lui enjoignant des composants artificiels dans le but de transformer son comportement naturel ». Ou quand des pans entiers de science-fiction commencent à devenir une réalité pas forcément sous contrôle.

Body Hacking

L’apparition d’objets technologiques dans les corps vivants n’est pas une révolution. Prothèses auditives, implants mammaires, lunettes et plasties ligamentaires font partie du quotidien de millions de personnes depuis belle lurette. Ce qui est nouveau c’est l’introduction d’une Culture du Hacking. Le Hacker étant à l’origine un terme réservé aux bidouilleurs de l’informatique habitués à aller fouiller dans le code ou le matériel pour en comprendre les fonctionnements profonds et les modifier dans un sens qui convient mieux à leur utilisation propre.
Le Body Hacking étend cette culture au corps humain. Et il se démarque des pratiques ancestrales par le souci d’utiliser la technique pour des changements fonctionnels et pas esthétiques.

On accourt sur Body Modification Ezine ou Feeling Waves pour s’échanger des trucs et astuces techno à s’implanter dans la peau, et notamment des implants électromagnétiques qui font un malheur. Des initiatives commerciales plus ou moins honnêtes voient le jour : Les idées d’interfaces hommes-machines et de produits destinés au grand public se multiplient. Certains casques audios se proposent de lire les états mentaux alors que d’autres permettent de « décoder les influx électriques du cerveau » ; Des appareils sont couplés à des applications mobiles ou services en ligne ouverts à tout le monde, sans médecins, sans cliniques et bien sûr sans trop de notions de Droit clairement applicables.

Body hacking : Pirater son corps et redéfinir l’’humain de Cyril Fiévet
Bienvenue en transhumanie : Sur l’homme de demain, de Geneviève Férone et Jean-Didier Vincent
Semailles humaines, de James Blish
et le très complet article paru dans The Verge : Cyborg America: inside the strange new world of basement body hackers 

L’homme de demain

Homme augmenté

Un double amputé des jambes, Oscar Pistorius, a été désigné par l’Afrique du Sud pour courir le 4x400m aux prochains jeux olympiques de Londres. Dans les épreuves paralympiques mais aussi et surtout en épreuve olympique officielle qu’on pourra suivre en direct à la télévision pour admirer tout à la fois sa foulée et sa prothèse en fibre de carbone.

Au même moment, le CIO qui ne veut plus d’une affaire Caster Semenya, va demander aux athlètes féminines de prouver qu’elles sont bien des… femmes, et met en place des tests de testostérone.

L’homme augmenté n’est plus loin ; les transhumanistes entrevoient un peu plus le dépassement de l’espèce humaine et les body hackers, professionnels ou amateurs, puisent ce qu’ils peuvent dans les nanothechnologies et biotechnologies, les technologies du cerveau, de l’information et de la communication pour le meilleur et pour le pire.

Alors que ceux-ci se rêvent en nouveaux Prométhée, ceux-là redoutent le retour d’Hybris.