Intelligence Artificielle, Novembre 17

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET BUSINESS

L’Intelligence Artificielle étant un des sujets chauds bouillants du moment, pas un analyste ou un influenceur qui ne s’empare du sujet pour faire un recensement de l’existant.
Le même exercice est appliqué à différents domaines, qu’il soit appelé Tour d’horizon,  cf. Tour d’horizon des Startups de l’Intelligence Artificelle et Tour d’horizon des performances créatives de l’IA, ou Panorama, cf. Panorama des solutions d’intelligence artificielle pour le Marketing.

ARTS

En se basant sur des techniques de Deep Learning, deux chercheurs français avaient déjà su programmer une intelligence artificielle pour reconnaître le style d’un peinture. Cette fois, ce sont des chercheurs de la Rutgers University qui ont réussi à identifier des Picasso ou des Matisse, parmi 80 000 œuvres présentées (et même les faux, dit-on).

SANTÉ

VIE PRIVÉE

En écho à la vidéo précédente, celle-ci promet une reconnaissance instantanée des personnes en se basant sur leur façon de marcher.
Le début de la fin pour une certaine idée de l’individu comme entité solitaire et autonome.

 

 

Google pourrit-il le cerveau ?

Google pourrit-il le cerveau ?

Le moteur de recherche californien s’est imposé en l’espace de quelques années comme une des marques les plus connues dans le monde, si ce n’est la plus connue. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Le réponse n’est pas si évidente que cela. Eléments d’efficacité immédiate, les moteurs de recherche permettent en effet par la magie d’une hypertextualité algorithmique d’aller plus rapidement d’un point A à un point B, de repérer sans trop de délais une information nécessaire à l’élaboration d’une autre information, connexe, plus particulière ou plus générale. Ce n’est d’ailleurs pas si l’argument premier de Google, celui qui l’a vu triompher commercialement des ancêtres Yahoo! ou Altavista, est celui de la rapidité.

Pourtant, un peu comme Socrate qui s’en prenait à l’écriture pour en dénoncer une toxicité évidente à ses yeux si elle était mal employée, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de profondeur et d’argumentation que causerait la substitution d’un Google toujours à portée de mains aux recherches d’un temps jadis, plus ardues, mieux organisées ou plus accidentelles. L’apprentissage serait en danger pour cause de facilité et de dépossession du savoir.

Car si l’intelligence a en effet été  longtemps définie en partie (ou surtout ?) par la détention du savoir et des connaissances, elle est aujourd’hui avant tout appréhendée pour sa capacité à identifier, retrouver et manipuler des stocks d’informations périphérisés, c’est à dire stockés dans des clouds installés quelque part sur des plateformes offshore.

« L’opérateur du savoir a remplacé son détenteur » dit Marcel Gauchet.
Pour quel progrès ?
Selon Nicholas Carr, notre intelligence sans cesse distraite par des éléments extérieurs et toujours différents, fonctionne désormais en discontinuité permanente et ne réagit plus de la même façon qu’avant. Nous lisons beaucoup plus mais beaucoup moins bien ; L’efficacité et l’immédiateté prennent la pas sur la profondeur, l’expérience et la fabrication du souvenir. Google a fait de l’information un produit consommable, un produit comme un autre qui peut être exploité et traité avec une efficacité industrielle. « Plus le nombre de morceaux d’information auxquels nous pouvons “accéder” est important, plus rapidement nous pouvons en extraire l’essence, et plus nous sommes productifs en tant que penseurs« , constate ainsi Carr qui rappelle une citation plutôt troublante de Sergey Brin parue dans un entretien de 2004 pour Newsweek “Il est certain que si vous aviez toutes les informations du monde directement fixées à votre cerveau ou une intelligence artificielle qui serait plus intelligente que votre cerveau, vous vous en porteriez mieux.”

D’autres voix comme celle de Michel Serres sont franchement plus optimistes. Dans La petite Poucette, le philosophe s’émerveille des nouvelles aptitudes nées de l’utilisation des smartphones et tablettes et du nombre impressionnant des possibilités de connexions permises par chaque action du pouce. La libération de certaines zones du cerveau réservées à l’accumulation d’informations plus ou moins utiles permettrait une amélioration décisive de nos capacités cognitives.

Et enfin, que peuvent nos cerveaux humains face au déluge d’informations créées chaque jour ? En 2008, l’humanité a déversé 480 milliards de Gigabytes sur Internet. En 2010, c’est 800 milliards de Gygabytes qui ont été déversés sur le Net, soit, comme l’a remarqué Eric Schmidt, plus que la totalité de ce que l’humanité a produit ou enregistré depuis sa naissance jusqu’en 2003. En permettant de créer autant d’informations, l’intelligence humaine n’a pas prévu qu’elle serait seule capable de les contrôler et de les gérer directement.
Pas sous sa forme actuelle du moins.

L’article de Nicolas Carr : Is Google Making Us Stupid?
Le discours de Michel Serres à l’Académie Française