L’homme de demain

Homme augmenté

Un double amputé des jambes, Oscar Pistorius, a été désigné par l’Afrique du Sud pour courir le 4x400m aux prochains jeux olympiques de Londres. Dans les épreuves paralympiques mais aussi et surtout en épreuve olympique officielle qu’on pourra suivre en direct à la télévision pour admirer tout à la fois sa foulée et sa prothèse en fibre de carbone.

Au même moment, le CIO qui ne veut plus d’une affaire Caster Semenya, va demander aux athlètes féminines de prouver qu’elles sont bien des… femmes, et met en place des tests de testostérone.

L’homme augmenté n’est plus loin ; les transhumanistes entrevoient un peu plus le dépassement de l’espèce humaine et les body hackers, professionnels ou amateurs, puisent ce qu’ils peuvent dans les nanothechnologies et biotechnologies, les technologies du cerveau, de l’information et de la communication pour le meilleur et pour le pire.

Alors que ceux-ci se rêvent en nouveaux Prométhée, ceux-là redoutent le retour d’Hybris.

Russie 2018 et Qatar 2022

C’est hier, jeudi 2 décembre 2010, que la FIFA après un long et copieux déjeuner a voté pour l’attribution des deux prochaines coupes du monde de football.
Et surprise, c’est la Russie et le Qatar, qui sont confortablement désignés pour organiser les éditions 2018 et 2022 de la plus populaire des compétitions internationales.

A l’instar de la fraîche expérience sud-africaine, l’organisation de tels événements peut s’interpréter principalement comme une opération de communication visant à doter les pays d’une image positive et attractive.
Et globalisation oblige, la concurrence pour abriter ces événements devient de plus en plus disputée et lourde de conséquences en cas d’échec, comme peut en attester la déception anglaise péniblement contenue à la lecture du verdict.

Russie
Concernant la Russie, la coupe du monde 2018 arrive à point nommé après les J.O. d’hiver de Sotchi 2014 pour affirmer son ouverture au monde et tenter de casser une trop grande dépendance aux hydrocarbures mise à mal par la récente crise financière, au moment où ses détracteurs brandissent les terribles chiffres de la criminalité et de la corruption ( la Russie est classée 154e sur 178 pays notés par Transparency International…) pour s’inquiéter d’une confiscation des recettes par une mafia déjà omniprésente.

Qatar

Pour le petit Qatar d’un million d’habitants, la situation est autre.
Pays pétrolier également, et vivant quasi exclusivement de cette rente, il anticipe intelligemment à coup de pétro-dollars l’après-hydrocarbures et tente de diversifier son économie en même temps qu’il se positionne par rapport aux autres pays de la région.
Sa désignation comme pays hôte pour 2022 est une occasion unique pour faire décoller de façon simultanée ses trois principaux objectifs : Affirmer la prédominance d’Al Jazeera sur les groupes média des autres pays arabes, Arabie en tête, continuer sa politique d’investissements massifs dans le sport, et exister en tant que hub dans une région particulièrement concurrentielle en la matière.

Qu’il puisse faire jusqu’à 50 degrés, que 9 stades et toute l’infrastructure d’accueil soient encore à construire ( de façon écologique et responsable !), que le Qatar ne se soit jamais qualifié pour une coupe du monde ou encore que les inspecteurs de la Fifa aient récemment jugé cette candidature comme la plus mauvaise de toutes, n’apparaissent plus alors que comme des anecdotes dans l’écriture d’une success story gagnée d’avance.