Décembre 2012 : Liens recommandés

Google profite de l’idiotie européenne en toute légalité : Le très antipathique Eric Schmidt n’en était pas à sa première énormité en déclarant en début de mois qu’il était très fier de pouvoir échapper au fisc, poussant même le bouchon jusqu’à y voir quelque part tout le génie du capitalisme… Franchise brutale ou cynisme malveillant ce n’est, hélas, que la triste et assumée confirmation d’une vérité que nous adorons ignorer : Google nous prend pour des cons. Ce que nous sommes majoritairement.

Et si en plus Ray Kurzweil rejoint les équipes de Google, ça devrait motiver 2 fois plus de méfiance ou au moins d’attention de la part de médias, une nouvelle fois passifs devant l’importance d’une telle annonce. Ray Kurzweil est un transhumaniste connu pour être l’inventeur du concept de singularité technologique. Agé de 64 ans, il est ingénieur en informatique de formation, et prédit depuis des années qu’aux alentours de 2045, nous allons connaître une croissance technologique que nous ne pourrons pas contrôler et qu’au delà de cette date, le progrès ne serait plus l’œuvre que de l’intelligence artificielle. 

How the Web is changing Education : Comment une myopie certaine face aux bouleversements économiques menace les vieilles Sorbonnes, beaucoup trop sûres d’elles par des temps pourtant très agités.

Most Contagious 2012 Report : Une synthèse intelligente des tendances et événements qui ont marqué l’année 2012 et par conséquent, l’occasion de revoir, confirmer ou infléchir ses attentes par rapport à 2013. De très utiles ‘insights’ inside.

And last but not least, le Lévy Farceur qui cette année ne parle pas chinois mais s’amuse comme un enfant pour ses voeux vidéos.

Le Body Hacking, un phénomène nouveau

Body Hacking : Démarche volontaire visant à la transformation du corps humain, notamment « en lui enjoignant des composants artificiels dans le but de transformer son comportement naturel ». Ou quand des pans entiers de science-fiction commencent à devenir une réalité pas forcément sous contrôle.

Body Hacking

L’apparition d’objets technologiques dans les corps vivants n’est pas une révolution. Prothèses auditives, implants mammaires, lunettes et plasties ligamentaires font partie du quotidien de millions de personnes depuis belle lurette. Ce qui est nouveau c’est l’introduction d’une Culture du Hacking. Le Hacker étant à l’origine un terme réservé aux bidouilleurs de l’informatique habitués à aller fouiller dans le code ou le matériel pour en comprendre les fonctionnements profonds et les modifier dans un sens qui convient mieux à leur utilisation propre.
Le Body Hacking étend cette culture au corps humain. Et il se démarque des pratiques ancestrales par le souci d’utiliser la technique pour des changements fonctionnels et pas esthétiques.

On accourt sur Body Modification Ezine ou Feeling Waves pour s’échanger des trucs et astuces techno à s’implanter dans la peau, et notamment des implants électromagnétiques qui font un malheur. Des initiatives commerciales plus ou moins honnêtes voient le jour : Les idées d’interfaces hommes-machines et de produits destinés au grand public se multiplient. Certains casques audios se proposent de lire les états mentaux alors que d’autres permettent de « décoder les influx électriques du cerveau » ; Des appareils sont couplés à des applications mobiles ou services en ligne ouverts à tout le monde, sans médecins, sans cliniques et bien sûr sans trop de notions de Droit clairement applicables.

Body hacking : Pirater son corps et redéfinir l’’humain de Cyril Fiévet
Bienvenue en transhumanie : Sur l’homme de demain, de Geneviève Férone et Jean-Didier Vincent
Semailles humaines, de James Blish
et le très complet article paru dans The Verge : Cyborg America: inside the strange new world of basement body hackers 

L’homme de demain

Homme augmenté

Un double amputé des jambes, Oscar Pistorius, a été désigné par l’Afrique du Sud pour courir le 4x400m aux prochains jeux olympiques de Londres. Dans les épreuves paralympiques mais aussi et surtout en épreuve olympique officielle qu’on pourra suivre en direct à la télévision pour admirer tout à la fois sa foulée et sa prothèse en fibre de carbone.

Au même moment, le CIO qui ne veut plus d’une affaire Caster Semenya, va demander aux athlètes féminines de prouver qu’elles sont bien des… femmes, et met en place des tests de testostérone.

L’homme augmenté n’est plus loin ; les transhumanistes entrevoient un peu plus le dépassement de l’espèce humaine et les body hackers, professionnels ou amateurs, puisent ce qu’ils peuvent dans les nanothechnologies et biotechnologies, les technologies du cerveau, de l’information et de la communication pour le meilleur et pour le pire.

Alors que ceux-ci se rêvent en nouveaux Prométhée, ceux-là redoutent le retour d’Hybris.