Véhicules autonomes et morale des hommes

Moral Machines

Au delà des motivations financières ou industrielles, l’introduction de voitures sans conducteurs est désirée du plus grand nombre car elle est synonyme d’une réduction significative du nombre d’accidents de la route : L’intelligence artificielle partagée permet d’anticiper un maximum de situations et d’agir sur les flux routiers comme s’il s’agissait de mécanismes horlogers de précision, c’est un fait.

La question éthique (cf. Moral Machine , MIT) rappelle que certains accidents restent inévitables et qu’en l’absence d’un conducteur embarqué dans le véhicule, c’est encore et toujours la morale humaine qui fixe les règles. A défaut d’une morale universelle, unique et acceptée de tous, les discussions sur les comportements des véhicules restent ouvertes.

 

Les conclusions du Rapport de la commission d’éthique allemand

Des premiers éléments de réponse sont apportés par le Rapport de la commission d’éthique allemande (PDF), rendu public le 23 aout par le ministre allemand des transports et réseaux numériques – heureuse et bien inspirée initiative que ce ministère unique.

Parmi les positions adoptées :

  • La généralisation des véhicules sans conducteurs est un impératif moral : on ne peut pas se priver d’une solution qui améliore substantiellement la sécurité routière.
  • Aucune décision ne doit être prise selon les caractéristiques particulières des personnes impliquées dans les accidents. Si un accident est inévitable, le système ne doit prendre aucune décision en se basant sur ces caractéristiques personnelles  (âge, sexe, constitution physique ou mentale).
    Bébé, cadre dynamique, jeune fille dans la fleur de l’âge ou vieillard appuyé sur une canne, une vie vaut une autre vie.
  • La protection de la vie humaine est une priorité absolue sur toutes les autres vies ou richesses.
  • Il est indispensable de savoir chaque instant qui du conducteur ou du système de bord est responsable de la conduite
  • Les propriétaires doivent avoir le plein contrôle des données générées par le véhicule autonome (comme la géolocalisation) et doivent pouvoir décider si et dans quelles proportions ces informations peuvent être partagées (avec le fabricant du système et de bord et le constructeur si ce ne sont pas les mêmes).