Educations technologiques

Les écrans envahissent le monde. Pas un moment, pas un endroit sans qu’une interface ne vienne perturber l’expérience en cours. Les événements sont aussi hachés qu’un film entrelardé de publicités. L’acteur devient spectateur au même moment où le spectateur devient réalisateur. Confusion extrême.

Le remède ? Mettons que cela ne va pas aller en s’arrangeant, vu que M. tout le monde s’est senti devenir Kubrick dés lors qu’on lui a mis une merveille de technologie entre les mains. Interdire ? Stupide, comme toutes les interdictions. La technique est le seul remède à la technique, et il ne reste plus qu’à attendre que de nouvelles inventions, des lentilles connectées, par exemple, qui remplaceront des lunettes connectées jugées encore trop visibles, parviennent à réduire les discontinuités.
Dés lors, un univers parallèle et inconscient qui servira de mémoire permanente et automatisée aura eu raison de ces captures/ruptures qui nous auront légèrement pollué l’existence quelques années durant. Vite.

La pensée économique en Vidéos

Trouvé ce matin une série de vidéos courtes sur la page YouTube de The Open University.
Des vidéos qui vulgarisent de façon plutôt intéressante des concepts d’histoire de la pensée économique comme cette fameuse main invisible d’Adam Smith, et qui dissertent aussi bien de la courbe de Philips ou de l’avantage compétitif Ricardien que des choix rationnels de l’Homo Economicus.

Khan, Reshef, Gates et les nouveaux acteurs du monde de la formation

Le VC et ancien CEO de Paypal Peter Thiel est convaincu que des esprits brillants restent aujourd’hui à l’extérieur du système éducatif. Et son idée provocatrice, qui prend la forme d’un projet appellé 20 under 20, a déjà attiré les meilleurs talents prêts à renoncer à Stanford ou au MIT pour renforcer leurs projets et talents d’entrepreneurs au contact de prestigieux et influents parrains. Délivrés de contraintes financières qui selon Peter Thiel pèsent sur les vocations, les candidats peuvent se consacrer à leur passion sans aller vers les filières réputées les plus rémunératrices, seules capables de rembourser les prêts pharaoniques nécessaires au financement des scolarités dans les meilleures écoles et universités.

La fondation Bill et Melinda Gates consacre pour sa part une partie significative de ses investissements à la promotion de nouveaux outils capables d’aborder les changements induits par la généralisation des nouvelles technologies dans le monde de l’éducation : Inigral parie par exemple sur l’adoption de réseaux sociaux dédiés sur les campus, tandis que chaque année de nombreux projets liés aux nouvelles méthodes éducatives sont généreusement financés et que des aides sont accordées aux bibliothèques pour la mise en place d’infrastructures numériques visant à les sauver d’une disparition définitive.

Les coûts de duplication et d’accès aux cours drastiquement réduits par la généralisation d’Internet à travers le monde, des professeurs partagent aujourd’hui leur unique et précieux savoir traditionnellement réservé à quelques dizaines de privilégiés par an, à des milliers d’étudiants à travers le monde ; Peter Norvig, Directeur de recherche chez Google et Sebastien Thrun, professeur à Harvard, ont enregistré 100 000 demandes (!) pour suivre AI, leur programme d’introduction à l’intelligence artificielle.

L’entrepreneur israélien Shai Reshef, a lui 550 000 fans sur Facebook, ce qui fait de lui la deuxième université après Harvard, et son University of the People fondée en 2009 a déjà admis 1200 étudiants de 121 pays différents. Il vient d’annoncer un projet à 6 millions de dollars basé sur 2000 professeurs bénévoles et des technologies et contenus Open Source.

Aucune plateforme n’a pourtant l’impressionnant succès de Khan Academy (créée en 2006) et ses 4 millions de visiteurs uniques en novembre 2011. Ses 2600 leçons d’histoire, de mathématiques ou de biologie sont filmées et diffusées gratuitement dans le monde entier à travers YouTube et séduisent élèves, mais également parents et professeurs, qui s’en servent pour approfondir leurs connaissances depuis leur salon et à moindre coût.
Le succès populaire du projet porté par Salman Khan excuse presque toutes les critiques qui lui sont faites, essentiellement au sujet de son manque d’innovation et du médiocre dispositif technologique déployé.
C’est assez injuste si l’on songe aux services rendus à des populations qui n’ont pas les possibilités matérielles d’accéder à AUCUN autre moyen pédagogique et au dévouement total de ce petit bonhomme qui a enregistré lui-même une bonne partie des contenus depuis son appartement.

Et si sa proposition d’utiliser la vidéo comme support démocratique et accessible pour tous n’a rien d’extraordinaire, que n’a t-elle pas été émise plus tôt par des Sorbonne anciennes supposées détenir tous les savoirs millénaires.
Des citadelles du savoir qui devraient s’ouvrir plus à l’innovation sous peine de se voir damer le pion sous quelques années par une concurrence nouvelle qui n’obéit absolument pas aux traditionnelles règles du jeu.
Une concurrence élargie, plus petite, agile, sans complexes, extraordinairement inventive et qui ne connaît aucune limite dans ses ambitions.